Notre philosophie

Leurs témoignages

Albertine Nadeau

Inauguration de la salle des rillettes et de l’atelier de découpe de la Maison Prunier en 1962. À droite, en blanc, Albertine Nadeau.

«En 1936, j’ai été embauchée comme cuisinière à la Maison Coudray et tout le personnel goûtait à 4 heures avec des rillettes, un luxe à cette époque ! Il y avait une très bonne entente entre patrons et employés ; la maison était très ouverte, les gens venaient volontiers. Les fermiers qui amenaient leurs porcs, prenaient toujours le café avec nous. Puis Mademoiselle Coudray a épousé Monsieur Prunier. J’ai travaillé chez eux et là aussi, l’ambiance était bonne. Dans les années soixante-dix, il y avait plus de cent employés chez Prunier, et c’était un peu une grande famille.»

Marie-Josèphe Baron

En 1956, Marie-Josèphe Baron débute chez Prunier pour tenir la caisse du magasin, puis pour aider Paulette Prunier à la comptabilité comme secrétaire de la Maison.

« Ça a quand même beaucoup changé en cinquante ans ! Il faut dire qu’à l’époque, la gloire de Prunier, c’était le magasin. Fallait voir la queue le dimanche matin ! Le succès venait des abats de porc frais tout juste préparés : boudins, andouillettes, têtes, pieds, rognons, rillons et rillettes ! On avait aussi beaucoup de succès avec la galantine au porto et le pâté à l’armagnac. Le magasin ouvrait sept jours sur sept, de 6 heures 30 à 19 heures 30, sauf le dimanche après-midi.

Bien que l’entreprise comptait jusqu’à cent cinquante-cinq personnes au début des années 70, l’ambiance demeurait très familiale. À la moindre occasion, une vente record de rillettes ou un premier prix obtenu, on sablait le champagne avec les gâteaux secs ! Au début, j’étais chargée également des expéditions. Je me revois encore préparer l’envoi des produits en conserve qui voyageaient au loin par le bateau. À l’encre de Chine, j’écrivais sur les caisses en bois : Dakar, Abidjan, Casablanca… »

 

Gérard Blot

Gérard Blot était chef rillettes dans les années 60.

« À cette époque, une journée chez Prunier commençait très tôt le matin avec la mise au feu des rillettes. Vingt-sept marmites, de cent kilos chacune, chauffaient au feu de bois. Là, dans le fond de graisse de la veille, les morceaux de viande, les côtes de porc désossées le jour précédent et les queues de porc, commençaient à rissoler. Après un petit casse-croûte, nous passions à l’abattoir, entre seize et dix-huit gars, pour gratter, vider, découper, désosser les porcs abattus, soixante chaque jour, des laitons et des truies. Puis, on découpait et préparait la viande du lendemain. Retour à la salle de cuisson de la viande des rillettes. Chacun de nous prenait une marmite, triait les os et débutait l’opération du battage, entre huit et dix minutes. Il fallait un bon coup de poignet ! Ensuite, par équipe de trois, on préparait les moules et les terrines ; le premier passait les moules, le second les remplissait à la louche, le troisième les rangeait sur le chariot. Puis, dans les années 70, l’interdiction d’abattre dans le privé est tombée. Du coup, nous avons arrêté toute une série de produits moins rentables comme le jambon cuit, l’andouillette ou le saucisson. Moi, j’aimais bien cette époque où la charcuterie Prunier faisait jusqu’à 85 produits différents. Nous avions des tas de savoir-faire et chacun connaissait le métier de A à Z. On allait chercher les porcs, on les tuait, on les débitait, on fabriquait les produits, et tout ça avec pour ainsi dire aucun déchet ! Et aussi, je me rappelle de Léonard, tout habillé en blanc, qui accompagnait parfois son grand-père dans l’usine ; il avait alors entre 6 et 9 ans. Et ça, on s’en souvient ! »

Claude Dupont

Entré en apprentissage dans l’entreprise en 1966, à l’âge de 14 ans, Claude Dupont y passe son CAP de charcutier quatre ans plus tard.

« Dans le temps, nous étions tous polyvalents, sachant travailler à l’abattage, aux fourneaux comme aux salaisons. Personnellement, je travaillais plus particulièrement aux cuissons : andouilles, jambonneaux, poitrine de porc, têtes de porcs pour la hure et la tête persillée. On innovait beaucoup ; par exemple, je me souviens qu’on imaginait de nouvelles recettes de cassoulet ou de tripes. On peut dire que dans l’entreprise l’ambiance était vraiment familiale. M. Maurice Prunier travaillait avec nous, c’était comme un père pour nous les jeunes, et il savait reconnaître le bon travail. J’ai été responsable des fourneaux dans les années 70 puis, en 1985, je suis devenu chef de l’atelier pâté pour l’équipe de l’après-midi. J’ai connu le passage d’une entreprise artisanale et familiale à une entreprise plus moderne. Aujourd’hui, nous sommes davantage séparés les uns des autres, plus cloisonnés, même dans les ateliers pour des raisons de maîtrise de la sécurité des aliments. D’où la grande importance des réunions chez nous. Il faut se parler ! »

Jean-Pierre Cossonneau

« J’ai débuté comme apprenti dans la Maison Prunier à l’âge de 15 ans, en 1967. J’ai passé mon CAP de charcutier avec une alternance études avec travail à l’entreprise où j’ai occupé tous les postes : un jour en atelier au boudin noir ou à la cuisson des têtes, un autre à l’alimentation en magasin, si bien que j’étais polyvalent et que je pouvais remplacer n’importe qui pendant les vacances. Je portais la barbe et Monsieur Maurice - on appelait comme ça M. Prunier - me disait en riant : « un barbu doit pouvoir s’adapter à tout ! ».

Je me souviens de Monsieur Maurice arrivant chaque matin, mettant son tablier et travaillant avec nous dans les ateliers : découpe le matin, battage des rillettes l’après-midi. Il avait un grand souci de l’hygiène. Le masque est apparu dans les années 70, d’abord pour travailler les produits chauds (dosage et battage fait à la main quand les rillettes sont cuites et remplir les pots ou les moules lorsqu’elles sont chaudes). Mais déjà, bien avant cette date, notre tenue était stricte avec bottes et tablier en tissu.

Le battage des rillettes, c’est comme battre une mayonnaise, il faut faire coller la graisse et tout le monde ne réussissait pas. Il faut introduire le bouillon dans la bassine au fur et à mesure et, pour battre les rillettes, un bon coup de main est nécessaire pour manœuvrer la spatule ; le battage durait entre 20 et 25 minutes pour une marmite de 80 kg, puis on ajoutait les marquants conservés.

Avec le déménagement de la fabrication des pâtés rue de la Jatterie, je suis devenu responsable des rillettes d’abord dans le centre de la ville, rue Nationale, où je m’occupais aussi de l’expédition des rillettes, puis rue de la Jatterie en octobre 1997. Je suis devenu chef de la fabrication des rillettes en janvier 2001 quand j’ai remplacé Jean Perigois. 41 ans de Maison Prunier aujourd’hui, ce n’est pas rien ! »

Jean-Claude Lubineau

Aujourd’hui à la retraite, Jean-Claude Lubineau a débuté chez Prunier à l’âge de 14 ans. Maurice Prunier lui a transmis son savoir-faire et Jean-Claude dirigea la fabrication de la Maison pendant vingt-cinq ans. Il se souvient avec émotion…

« Je suis rentré chez Prunier comme apprenti, en 1963. À la fin de mon apprentissage, j’ai dû partir au service militaire, mais ma place de travail était gardée pour quand je reviendrais. La Maison Prunier m’envoyait régulièrement, comme à chaque employé sous les drapeaux, un colis avec des rillettes et d’autres spécialités de la charcuterie. Ah ! Le pâté forestier… Cela n’a pas été facile pour l’imposer. M. Maurice ne voulait pas faire de mousses ! Pourtant, la tendance, à la fin des années soixante-dix, était aux pâtés tartinables et le goût des consommateurs allait vers moins de mastication. Nous, nous faisions le Tradition, un pâté ferme à gros grains, et aussi d’excellents produits comme le pâté de lapin, la terrine du chef ou le pâté au porto qui n’étaient pas vraiment des produits à tartiner. Or, il se trouve que je suis allé en stage à Paris. Là, j’ai appris à faire des pâtés avec la cutter, une sorte de super-batteur électrique. À mon retour, je me souviens de cette conversation avec M. Prunier :

- Alors Jean-Claude, qu’est-ce que tu as appris ?
- Le pâté forestier. Tenez, goûtez.
- Ah ! les mousses… Nous allons être obligés d’y venir. Bon, et bien demain on s’y met !

On l’a fait, et comme ça marchait fort, on a acheté une plus grosse cutter. Aujourd’hui, le forestier est notre produit leader ! »

Guy Robin

Directeur administratif et financier de 1992 à 2006, aujourd’hui retraité, Guy Robin a été embauché en 1979 comme comptable et chef administratif :

« J’ai évolué dans la société au même rythme qu’elle. En arrivant, j’ai découvert cette entreprise familiale qui était un contexte nouveau pour moi, car on y écoutait ce que j’avais à dire et on me demandait de participer. J’ai évidemment traversé des périodes de doute, et j’ai même eu longtemps « peur du patron ». En effet, je comprenais mal le style de Christian Prunier, si différent de celui de son père, jusqu’au jour où il y a eu un déclic quand il m’a dit : “ Arrêtez de me craindre et communiquez avec moi ”. J’ai compris qu’il attendait que je sois un collaborateur proche intellectuellement, véritablement en phase avec lui. Nous avons su nous rapprocher l’un de l’autre et, dès lors, la communication a été très forte. Nous nous sommes d’ailleurs tutoyés à partir de ce moment. J’ai reconnu un homme à l’écoute, qui réussissait à établir une communication douce, directe et franche, toujours dans le respect des personnes, et avec la possibilité de parler de ses propres failles ou de problèmes personnels, les nôtres comme les siens. Nous avons alors ressenti un réel bien-être dans l’entreprise. »

Frédéric Guittard

Entré en 1990 dans l’entreprise,Frédéric Guittard a grandement contribué à développer le chiffre d’affaires. Il est aujourd’hui directeur commercial et marketing.

« Notre activité a été multipliée par deux en développant les GMS et la clientèle grossiste qui représente encore aujourd’hui plus de 40 % du chiffre d’affaires. J’apprécie la confiance que Christian Prunier a instaurée dans nos rapports, ce qui m’a permis de faire évoluer ce poste avec beaucoup d’indépendance. La Maison Prunier table sur le développement personnel de chacun à travers la communication, sans jugement et critique de l’autre, dans le respect, en confrontant ses positions plutôt qu’en s’opposant. Nous avons aussi appris à gérer le stress et la pression grâce, entre autres choses, à des séminaires organisés avec Jacques Salomé sur le relationnel en entreprise. ».

Luc Chauvelier

Luc Chauvelier

Entré dans la Maison Prunier en 1992, Luc Chauvelier est responsable technique ; il est aussi chargé de la maintenance et des travaux neufs.

« Christian Prunier est un homme atypique et la chose la plus étonnante, dans sa forme de management, c’est la liberté qu’il nous laisse. C’est très enrichissant au niveau professionnel et personnel, car on fonctionne en autonomie dans notre service, puis on échange avec les autres services. La convivialité est grande et, au niveau de notre fonctionnement, le plaisir est réel ainsi que la passion de bien faire pour la Maison. Il n’y a pas de compétition entre nous puisqu’on s’appuie sur les compétences de chacun. De plus, nous sommes partie prenante dans les décisions de l’entreprise. »

Carine Rapicault

Carine  Rapicault

« La qualité, c’est avant tout de la logique et de la simplicité. Je travaille dans l’entreprise avec tous les échelons de la fabrication ; je prélève des échantillons à différentes étapes de la chaîne, je goûte les productions, je fais les analyses bactériologiques, je vérifie que nos fournisseurs respectent bien notre cahier des charges, je suis en contact avec les services vétérinaires, les services des fraudes et les clients pour les problèmes de qualité, pour gérer d’éventuelles réclamations. Je veille également au respect de l’hygiène dans l’entreprise.

Prunier est une entreprise peu courante qui a pour règle le respect du personnel, de ses besoins, de son bien-être dans l’entreprise. Je constate que cela crée une bonne entente et qu’on travaille ensemble avec beaucoup de cohésion. Et quand il y a des problèmes, le mot d’ordre est de ne pas les cacher, de ne pas se culpabiliser et d’exprimer son stress. Cela apporte plus de sérénité dans l’entreprise. »